En décembre dernier, Anthropic avait interrogé 81 000 utilisateurs de Claude sur leurs espoirs et leurs craintes face à l'IA. On en avait tiré ici plusieurs enseignements, notamment sur l'emploi et l'économie. Le 29 septembre, l'équipe Societal Impacts a lancé une nouvelle étude, sous un titre simple : « What do you want from AI? », « Que voulez-vous de l'IA ? ».
La grande nouveauté : cette fois, chaque participant peut choisir de rendre son entretien public, pour que tout le monde, et pas seulement Anthropic, puisse le lire et en tirer des enseignements.
Anthropic part d'un constat : l'IA traverse un moment charnière. Ses capacités croissantes la rendent à la fois plus utile et potentiellement plus dangereuse. Elle accélère la science et la médecine, mais le coût d'un mauvais usage devient aussi plus lourd : un seul incident de sécurité peut causer bien plus de dégâts qu'il y a un an.
Pour Anthropic, la façon de peser ces bénéfices et ces risques ne devrait pas être laissée aux seules entreprises d'IA. La voix des utilisateurs doit aider à guider les laboratoires et les décideurs publics.
L'entretien tourne autour de trois grandes questions :
- quelles sont tes expériences les plus marquantes avec l'IA, positives comme négatives ?
- y a-t-il quelque chose dans le fonctionnement du monde (travail, école, santé, administration) que tu aimerais voir l'IA aider à changer ?
- qu'attends-tu des entreprises qui développent l'IA, Anthropic comprise ?
Il n'y a pas de bonne réponse : l'objectif est d'entendre les expériences de chacun, avec ses propres mots.
- L'étude se déroule du 29 septembre au 6 octobre 2026.
- Elle est ouverte aux utilisateurs Free, Pro et Max de Claude et Claude Code, dont le compte a au moins deux semaines.
- L'entretien dure environ 15 minutes.
- Il est mené par Anthropic Interviewer, une IA qui pose les questions.
- On peut l'arrêter à tout moment : un entretien interrompu est définitivement supprimé, ni analysé ni publié, y compris par Anthropic.
Anthropic rappelle l'impact de l'étude de décembre : elle a façonné le programme de l'Anthropic Institute, a été présentée au Forum économique mondial, et continue de guider les recherches sur les impacts sociaux et économiques. Mais seuls les résultats globaux et quelques citations avaient été rendus publics.
Depuis, l'IA a progressé, davantage de gens utilisent Claude, et le regard porté sur la technologie a changé. D'où cette nouvelle édition, avec des questions mises à jour et une ouverture à davantage de produits.
Rendre son entretien public est facultatif. Si tu le fais, Anthropic publie l'entretien complet et le pays associé à la conversation, sans les informations de ton compte (nom, email).
Les arguments en faveur de la publication, selon Anthropic :
- ton point de vue est entendu par tous, pas seulement par Anthropic ;
- des chercheurs et décideurs du monde entier peuvent lire les entretiens dans leur langue, poser des questions qu'Anthropic n'a pas pensé à poser, et vérifier que les conclusions publiées reflètent bien ce que les participants ont dit ;
- les entretiens deviennent une archive publique de ce moment de l'histoire de l'IA, et des propos difficiles à ignorer pour les entreprises du secteur.
La FAQ d'Anthropic est très claire sur les risques, et c'est à saluer :
- n'importe qui peut lire un entretien public : employeurs, proches, gouvernements, entreprises ;
- des détails anodins en apparence (âge, métier, ville, études) peuvent permettre de t'identifier, y compris en les combinant avec l'aide d'une IA ; Anthropic indique que des chercheurs ont montré que c'était possible avec des entretiens d'Anthropic Interviewer ;
- un entretien public peut être utilisé d'une façon que tu n'avais pas prévue, y compris par des escrocs ;
- Anthropic peut retirer sa copie sur demande, mais pas ce que d'autres ont déjà sauvegardé : la décision doit être considérée comme définitive ;
- les entretiens ne sont pas modifiés avant publication (Anthropic peut toutefois en retirer certains après une revue finale, par exemple s'ils contiennent des informations confidentielles).
Pour limiter ces risques, l'interface montre des exemples d'informations à ne pas partager, te laisse relire tout l'entretien avant de décider, et demande une dernière confirmation.
Anthropic en reconnaît plusieurs :
- tous les participants sont des utilisateurs de Claude, qui ne représentent pas l'ensemble de la population ;
- les entretiens publiés en sont un sous-ensemble supplémentaire, puisque ceux qui acceptent la publication peuvent différer des autres ;
- comme dans tout entretien, les questions posées orientent ce que les gens partagent.
Si tu ne rends pas ton entretien public, il sera tout de même analysé dans le cadre des recherches, et des résultats agrégés ou désidentifiés pourront être publiés. Les entretiens publics seront mis en ligne une fois l'étude et la première analyse terminées.
- Participe : c'est une rare occasion de faire entendre la voix des développeurs francophones dans un débat souvent dominé par d'autres publics.
- Parle de ton usage réel : ce que Claude ou Claude Code t'a permis de faire, ce qui t'a frustré, ce que tu attends.
- N'identifie ni toi ni d'autres : pas de nom d'entreprise, de projet client, de collègue, de ville précise.
- Relis avant de publier, et ne publie que si tu es à l'aise avec l'idée que ce soit permanent.
- « What do you want from AI? », une nouvelle étude d'Anthropic, du 29 septembre au 6 octobre 2026.
- Un entretien d'environ 15 minutes mené par Anthropic Interviewer, ouvert aux utilisateurs Free, Pro et Max.
- Trois questions : expériences marquantes, ce que l'IA devrait aider à changer, ce qu'on attend des entreprises d'IA.
- Publication facultative de l'entretien, à considérer comme définitive, avec de vrais risques de réidentification.