Claude Code vit aujourd'hui à plusieurs endroits : dans ton terminal, mais aussi sur le web, sur mobile et dans l'application de bureau. Quand tu lances une session depuis le web ou ton téléphone, elle tourne dans un environnement cloud géré par Anthropic : un conteneur qui clone ton dépôt, exécute les commandes et te renvoie le résultat. C'est ce que tu utilises, par exemple, avec UltraPlan ou les sessions distantes.
Pour beaucoup d'entreprises, ce modèle pose une question : où tourne le code ? Dépôts privés, accès à des réseaux internes, contraintes de conformité… Avec la version 2.1.224, publiée le 7 août, Claude Code apporte une réponse : les environnements auto-hébergés.
Le changelog le décrit ainsi : la commande claude self-hosted-runner transforme tes propres machines ou conteneurs en un endroit où les sessions Claude Code web, mobile et desktop peuvent s'exécuter. La fonctionnalité est réservée aux offres Team et Enterprise.
claude self-hosted-runner
Concrètement, tu gardes l'expérience des sessions lancées depuis n'importe quel appareil, mais l'exécution (clonage du dépôt, commandes, tests) se fait sur ton infrastructure.
Le principe est familier pour qui a déjà utilisé des runners auto-hébergés en intégration continue : la plateforme orchestre, ta machine exécute. Quelques cas d'usage évidents :
- accéder à des ressources internes : bases de données de développement, services privés, registres de paquets internes, inaccessibles depuis un cloud externe ;
- respecter des contraintes de conformité : le code et les données restent sur des machines que tu contrôles ;
- disposer d'un environnement adapté : machines puissantes, GPU, outils spécifiques déjà installés, configuration identique à celle de l'équipe ;
- maîtriser le réseau : appliquer tes propres règles de sortie et de surveillance.
On retrouve une logique qu'Anthropic proposait déjà en mai côté API, avec les sandboxes auto-hébergées pour Claude Managed Agents : l'exécution des outils sur ta propre infrastructure plutôt que chez Anthropic.
Comme souvent, les jours suivants ont apporté des ajustements. En 2.1.225 (8 août), une correction concerne le cas où le dossier de base indiqué avec l'option --base-dir ne peut pas être créé ou n'est pas accessible en écriture : le runner s'enregistrait puis faisait échouer chaque session ; il s'arrête désormais dès le démarrage avec une erreur claire.
C'est un bon rappel pour la mise en place : vérifie que l'utilisateur qui fait tourner le runner a bien les droits d'écriture sur son dossier de travail.
Trois façons de faire tourner Claude Code coexistent désormais :
| Mode | Où s'exécute le code | Pour qui |
|---|
| Terminal local | ta machine | le travail interactif au quotidien |
| Environnement cloud | un conteneur géré par Anthropic | les sessions lancées depuis le web ou le mobile, sans infrastructure |
| Self-hosted runner | tes machines ou conteneurs | les équipes qui ont besoin de ressources internes ou de contrôle |
Le runner n'a donc pas vocation à remplacer le terminal : il sert les équipes qui veulent lancer des sessions depuis n'importe quel appareil sans sortir de leur infrastructure.
Faire tourner des sessions d'agent sur sa propre infrastructure, c'est aussi en porter la sécurité. Quelques principes, dans la continuité de ce qu'Anthropic décrivait en mai sur le confinement des agents :
- Dédie des machines ou des conteneurs au runner, sans autres données sensibles dessus.
- Donne-lui des identifiants à privilèges limités, propres au runner, plutôt que des comptes personnels.
- Contrôle le réseau sortant : n'autorise que ce dont les sessions ont besoin.
- Isole les sessions entre elles, idéalement avec des conteneurs éphémères.
- Journalise l'activité, pour pouvoir retracer ce qui s'est passé.
- Mets à jour régulièrement Claude Code sur les runners, comme pour tout composant d'infrastructure.
Le self-hosted runner s'inscrit dans une série d'annonces de début août qui visent les organisations, d'après les notes de version de la plateforme :
- 3 août : l'API Compliance renvoie désormais, en bêta pour Claude Enterprise, les transcriptions des sessions Cowork lancées depuis le web ou le mobile ;
- 5 août : les inference hooks, en bêta pour Claude Enterprise. Une organisation peut brancher son propre serveur de sécurité IA : chaque prompt gouverné sur claude.ai, Cowork et Claude Code est retenu jusqu'au verdict du serveur (autoriser ou refuser) avant l'inférence. Les requêtes sont signées, et chaque refus est enregistré dans le journal de conformité ;
- 7 août : côté Claude Managed Agents, les sessions peuvent recevoir un budget (un plafond de dépense ferme) et un conseiller, un modèle au moins aussi capable que celui de l'agent, consulté en cours de tour.
Mis bout à bout, ces ajouts dessinent une tendance claire : Claude Code et Cowork s'outillent pour des déploiements à l'échelle d'une organisation, avec contrôle de l'exécution, des entrées et de la traçabilité.
Le 5 août, Claude Opus 4.1 a été retiré de l'API : les requêtes renvoient désormais une erreur. Anthropic recommande de passer à Opus 5.
- 2.1.224 (7 août) :
claude self-hosted-runner fait tourner les sessions Claude Code web, mobile et desktop sur tes propres machines ou conteneurs.
- Réservé aux offres Team et Enterprise.
- Intérêt : ressources internes, conformité, environnement maîtrisé.
- À soigner : isolation, identifiants limités, contrôle réseau, journaux.
- Début août, la gouvernance se renforce aussi : API Compliance, inference hooks, budgets de session.