Si tu utilises Claude Code intensivement, tu connais la frustration des limites atteintes en pleine session. Début avril, on consacrait même une vidéo et un article entier aux réglages pour faire durer ses tokens, et à la réduction des limites pendant les heures pleines.
Le 6 mai, Anthropic a annoncé une bonne nouvelle pour tous ceux qui butaient sur ces limites : plus de capacité, et donc des limites relevées. En toile de fond, un accord inattendu avec SpaceX.
Anthropic annonce trois changements, tous en vigueur dès le jour de l'annonce, pour ses clients les plus actifs.
1. Les limites de cinq heures de Claude Code doublées. Pour les offres Pro, Max, Team et Enterprise avec facturation par siège, la limite sur la fenêtre glissante de cinq heures est multipliée par deux.
2. Fin de la réduction aux heures pleines. Pour les comptes Pro et Max, Claude Code n'applique plus de réduction des limites pendant les heures de pointe. C'est la fin d'un des irritants majeurs des dernières semaines.
3. Des limites d'API nettement relevées pour Opus. Les limites de débit de l'API pour les modèles Claude Opus augmentent de manière importante. Le détail figure dans un tableau de l'annonce.
Relever les limites, ce n'est pas un simple réglage : chaque requête à Claude consomme de la puissance de calcul dans un centre de données. Pour servir plus de requêtes, il faut plus de puces, plus d'électricité et plus de bâtiments.
Anthropic a signé un accord pour utiliser toute la capacité de calcul du centre de données Colossus 1 de SpaceX. Cela représente :
- plus de 300 mégawatts de nouvelle capacité ;
- plus de 220 000 GPU NVIDIA ;
- disponibles dans le mois.
Anthropic précise que cette capacité supplémentaire bénéficiera directement aux abonnés Pro et Max.
L'entreprise dit aussi avoir exprimé son intérêt pour développer avec SpaceX plusieurs gigawatts de capacité de calcul en orbite. Une piste à très long terme, mais qui montre l'ampleur des besoins envisagés.
Cet accord s'ajoute à plusieurs annonces récentes rappelées par Anthropic :
- un accord pouvant aller jusqu'à 5 gigawatts avec Amazon, dont près d'1 GW de nouvelle capacité d'ici fin 2026 ;
- un accord de 5 GW avec Google et Broadcom, qui commencera à entrer en service en 2027 ;
- un partenariat stratégique avec Microsoft et NVIDIA, incluant 30 milliards de dollars de capacité Azure ;
- un investissement de 50 milliards de dollars dans l'infrastructure d'IA américaine avec Fluidstack.
Anthropic entraîne et fait tourner Claude sur plusieurs types de matériel : AWS Trainium, Google TPU et GPU NVIDIA. Cette diversité lui permet d'ajouter de la capacité là où elle est disponible.
Ces chiffres peuvent sembler abstraits. Un mégawatt (MW), c'est une mesure de puissance électrique ; un gigawatt (GW), c'est mille mégawatts. Dans l'industrie de l'IA, on mesure désormais la taille des centres de données à leur consommation électrique, parce que c'est elle qui limite le nombre de puces qu'on peut faire tourner.
Passer de centaines de mégawatts à plusieurs gigawatts, c'est changer d'échelle. Et c'est pour ça que les questions d'énergie, de réseau électrique et de coût pour les riverains deviennent centrales dans le débat sur l'IA.
Anthropic indique qu'une partie de l'expansion sera internationale. Ses clients des secteurs régulés (finance, santé, administrations) ont de plus en plus besoin d'infrastructures dans leur région, pour des raisons de conformité et de résidence des données. La collaboration avec Amazon inclut ainsi de l'inférence supplémentaire en Asie et en Europe.
Pour une communauté francophone, c'est un point à suivre : des capacités en Europe peuvent faciliter l'adoption de Claude dans des organisations soumises à des exigences strictes sur la localisation des données.
Anthropic dit choisir ses implantations avec soin : des pays démocratiques dont le cadre juridique permet des investissements de cette ampleur, avec une chaîne d'approvisionnement sécurisée.
Enfin, l'entreprise rappelle s'être engagée à couvrir toute hausse du prix de l'électricité pour les consommateurs causée par ses centres de données aux États-Unis, et explore les moyens d'étendre cet engagement aux nouveaux pays où elle s'implante.
Les notes de version de l'API du 6 mai annoncent aussi plusieurs nouveautés pour Claude Managed Agents :
- l'orchestration multi-agents et les Outcomes passent en bêta publique ;
- les webhooks sont pris en charge, pour être notifié des événements de session et de coffre d'identifiants ;
- de nouvelles options de filtrage et de tri des sessions et des événements ;
- les Dreams, en research preview : un processus qui relit une mémoire existante et les transcriptions passées pour produire une mémoire réorganisée, sans doublons, avec les entrées obsolètes remplacées.
- Tu es sur Pro ou Max : tes sessions Claude Code devraient durer nettement plus longtemps, et tu n'as plus à éviter les heures pleines.
- Tu es sur Team ou Enterprise par siège : la limite de cinq heures est doublée.
- Tu utilises Opus via l'API : vérifie les nouvelles limites de débit, qui peuvent débloquer des usages plus intensifs.
Les bonnes pratiques d'hygiène de contexte restent utiles : des limites plus hautes ne rendent pas un contexte encombré plus efficace. Mais la marge de manœuvre est désormais beaucoup plus confortable.
- Limites de cinq heures doublées dans Claude Code pour Pro, Max, Team et Enterprise par siège.
- Plus de réduction aux heures pleines pour Pro et Max.
- Limites d'API relevées pour les modèles Opus.
- Accord avec SpaceX : tout Colossus 1, soit plus de 300 MW et plus de 220 000 GPU NVIDIA, dans le mois.
- Expansion internationale, avec de l'inférence supplémentaire en Asie et en Europe.