Le 17 février, Anthropic a sorti Claude Sonnet 4.6. Ce n'est pas le modèle le plus puissant de la gamme, c'est celui qu'on utilise le plus : le milieu de gamme, rapide et abordable, qui fait tourner la majorité des usages au quotidien. Et cette fois, l'écart avec le haut de gamme se resserre nettement.
Tour d'horizon de ce qui change, chiffres officiels à l'appui.
Anthropic présente Sonnet 4.6 comme son Sonnet le plus capable à ce jour, avec une mise à niveau complète sur six terrains : le code, l'utilisation d'un ordinateur (computer use), le raisonnement sur de longs contextes, la planification d'agents, le travail de bureau et le design.
Les points concrets :
- Prix inchangé : comme Sonnet 4.5, à partir de 3 $ par million de tokens en entrée et 15 $ en sortie.
- Fenêtre de contexte de 1 million de tokens, en bêta.
- Modèle par défaut sur claude.ai et dans Claude Cowork pour les offres Free et Pro.
- Disponible avec le raisonnement étendu (extended thinking) sur l'API.
Autrement dit : plus de capacités, même facture.
Le chiffre le plus parlant vient des tests menés dans Claude Code. Selon Anthropic, les utilisateurs en accès anticipé ont préféré Sonnet 4.6 à Sonnet 4.5 environ 70 % du temps.
Plus surprenant : ils l'ont préféré à Opus 4.5, le modèle haut de gamme de novembre 2025, 59 % du temps. Un Sonnet devant l'Opus de la génération précédente, c'est un signal fort sur la vitesse de progression.
Ce que les testeurs ont remonté :
- le modèle lit mieux le contexte avant de modifier le code ;
- il regroupe la logique partagée au lieu de la dupliquer ;
- il est moins enclin à la sur-ingénierie et à la « paresse » ;
- il suit mieux les instructions ;
- il annonce moins souvent un succès qui n'en est pas un, hallucine moins et va plus régulièrement au bout des tâches en plusieurs étapes.
Pour de longues sessions dans Claude Code, c'est exactement ce qui fatigue le plus avec un modèle : devoir repasser derrière lui. Moins d'allers-retours, c'est du temps gagné.
Le computer use, c'est la capacité du modèle à utiliser un ordinateur comme toi : il voit l'écran, clique, tape au clavier. Utile pour tous ces logiciels métier qui n'ont pas d'API.
Anthropic rappelle avoir été le premier à proposer un modèle de ce type, en octobre 2024, en le qualifiant alors d'expérimental. Depuis, les Sonnet progressent régulièrement sur OSWorld, le benchmark de référence du domaine, qui fait réaliser des centaines de tâches dans de vrais logiciels (Chrome, LibreOffice, VS Code…) sur un ordinateur simulé.
Avec Sonnet 4.6, les premiers utilisateurs décrivent des résultats proches d'un humain sur des tâches comme naviguer dans un tableur complexe ou remplir un formulaire web en plusieurs étapes. Anthropic reste mesuré : le modèle reste en dessous des utilisateurs les plus aguerris. Mais la progression est rapide.
Donner un navigateur à un modèle ouvre une faille bien connue : l'injection de prompt. Un site malveillant cache des instructions dans sa page, et le modèle risque de les exécuter.
Anthropic indique que Sonnet 4.6 est nettement plus résistant à ces attaques que Sonnet 4.5, et se situe au niveau d'Opus 4.6. Ses évaluations de sécurité le jugent globalement aussi sûr, voire plus sûr, que ses autres modèles récents.
Ça ne dispense pas de prudence : si tu fais naviguer un agent sur le web, garde des permissions limitées et relis ce qu'il s'apprête à faire.
Un million de tokens, c'est de quoi faire tenir une base de code entière, de longs contrats ou des dizaines d'articles de recherche dans une seule requête. Anthropic insiste surtout sur un point : le modèle raisonne efficacement sur tout ce contexte, pas seulement le lire.
L'exemple donné est Vending-Bench Arena, une évaluation où plusieurs modèles gèrent chacun une entreprise simulée sur la durée et se font concurrence. Sonnet 4.6 y a adopté une stratégie originale : investir massivement dans ses capacités pendant les dix premiers mois simulés, puis basculer vers la rentabilité en fin de partie. Ce timing lui a permis de finir loin devant ses concurrents. C'est une illustration de planification à long terme, précisément ce qu'on attend d'un agent qui travaille des heures sur un projet.
Les notes de version de l'API accompagnent la sortie de plusieurs changements utiles :
- Recherche agentique améliorée : Sonnet 4.6 obtient de meilleurs résultats en consommant moins de tokens.
- Exécution de code gratuite lorsqu'elle est utilisée avec la recherche web ou la récupération de pages (web fetch).
- Fin de la bêta pour plusieurs outils : recherche web, appel d'outils programmatique, exécution de code, web fetch, recherche d'outils et mémoire ne demandent plus d'en-tête bêta.
- Le 19 février, lancement du cache automatique pour l'API Messages : un seul champ
cache_control dans la requête, et le système gère lui-même le point de cache au fil de la conversation.
Côté anciens modèles, Claude Sonnet 3.7 et Claude Haiku 3.5 ont été retirés de l'API Claude le 19 février. Anthropic recommande de passer à Sonnet 4.6 et à Haiku 4.5. Claude Haiku 3 est annoncé en fin de vie pour le 20 avril 2026.
Si tu utilises Sonnet 4.5 via l'API, la migration est facile à justifier : même prix et meilleures performances. Pense à vérifier les identifiants de modèle dans ton code et tes configurations.
Si tu utilises Claude Code avec Opus, Sonnet 4.6 devient une alternative sérieuse pour les tâches courantes : les préférences mesurées par Anthropic montrent qu'il tient la comparaison avec le haut de gamme de fin 2025.
Et si tu es sur claude.ai en Free ou en Pro, tu n'as rien à faire : Sonnet 4.6 est déjà ton modèle par défaut.
- Sortie : 17 février 2026.
- Prix : 3 $ / 15 $ par million de tokens, comme Sonnet 4.5.
- Contexte : 1 million de tokens en bêta.
- En code : préféré à Sonnet 4.5 environ 70 % du temps, et à Opus 4.5 59 % du temps.
- Computer use : en nette progression, avec une meilleure résistance aux injections de prompt.
- Par défaut sur claude.ai en Free et Pro.